Mayenne-Sarthe-Loir, un des territoires de Loire-Bretagne les plus dégradés

Le sous-bassin Mayenne-Sarthe-Loir couvre les bassins du Loir, de la Sarthe et de la Mayenne et de leurs affluents jusqu’à la confluence avec la Loire. C’est un territoire de 11 300 km² qui compte 1,5 million d’habitants. 23 % des cours d’eau y sont en bon état écologique.

23 % des cours d’eau sont en bon état écologique et 47 % en état moyen

Cet état évalué en 2015 est confirmé par les données de 2016. Les cours d’eau en bon état se situent plutôt au nord du sous-bassin, c’est-à-dire dans les secteurs bocagers de l’amont, les pressions étant les plus fortes dans la partie aval du territoire, dans le Maine-et-Loire ou sur le bassin de l’Oudon. L’état est déclassé par la biologie, et en premier lieu par l’indice poissons.

Etat écologique - sous-bassin Mayenne-Sarthe-Loir 2016

Date carte : 05 octobre 2016 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

Moins de la moitié des eaux souterraines sont en bon état

Sur 22 masses d’eau, 6 sont déclassées par les nitrates et 5 à la fois par les nitrates et les pesticides. À l’est du sous-bassin, deux autres grandes nappes, les sables et grés du Cénomanien « unité Loir » et les calcaires tertiaires de Beauce libres, présentent des problèmes quantitatifs.

Eaux souterraines - Etat chimique - sous-bassin Mayenne-Sarthe-Loir 2016

Date carte : 23 février 2018 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

Une connaissance renforcée, qui lève le doute sur les eaux simulées en état « moyen »

En 2006-2007, l’évaluation de l’état des cours d’eau a été construite sur la base de mesures pour 40 % des eaux. Pour 60 % des eaux elle résultait de simulations. En 2013, l’état s’appuie sur des mesures effectives dans le milieu pour 86 % des eaux. Ces mesures ont permis de lever les doutes sur les masses d’eau simulées en état « moyen », mais de façon contrastée : la part des eaux en bon état double quasiment, passant de 12 à 23 %, mais la part des eaux en état mauvais ou médiocre augmente elle aussi pour passer de 17 à 30 %.

Par contre, si l’on observe les cours d’eau pour lesquels la physico-chimie a toujours été mesurée entre 2007 et 2013, on constate une amélioration sur le paramètre nitrates : ce paramètre déclassait 24 masses d’eau dans l’état 2007, l’évaluation de l’état 2013 montre que 4 nouvelles masses d’eau se sont dégradées mais 19 se sont améliorées.

Des actions qui portent leurs fruits

Sur le Vicoin en Mayenne, le syndicat du bassin du Vicoin a entrepris depuis 10 ans, dans le cadre du contrat territorial avec l’agence de l’eau des travaux de restauration du cours d’eau de plusieurs types. Le volet sur la continuité écologique a concerné 39 ouvrages (buses, barrages, radiers de pont,…) qui faisaient obstacle au passage des poissons et des sédiments ; ils ont été arasés ou supprimés pour un coût moyen de 8000€ par ouvrage : ils sont désormais franchissables.

Résultats : le retour d’espèces de poissons comme le chabot, le vairon et la loche franche, adaptées aux eaux courantes et peu polluées  montre une amélioration nette de la qualité du milieu.

La réouverture complète du cours principal du Vicoin a également permis le retour de l’anguille, avec une population déjà multipliée par 8, et la réimplantation durable de la loutre d’Europe sur la partie aval du cours d’eau.

Sur la Sarthe, en Sarthe, à l’aval du Mans, 8 gros barrages à écluses qui permettent la navigation des bateaux ont été aménagés avec des passes à poissons pour assurer la remontée des poissons migrateurs et le passage des canoës. Une passe  à poissons est une ouverture dans un barrage avec une pente relativement faible tapissée de blocs. Ces blocs recréent les conditions d’une rivière naturelle avec des zones de calme et des zones de courant : cela permet aux poissons de remonter le cours d’eau.

C’est le département de la Sarthe, gestionnaire du domaine public fluvial, qui a réalisé ces travaux avec l’aide financière de l’agence de l’eau et de la région.

Quelles priorités pour demain ?

Dans ce sous-bassin, le programme de mesures associé au Sdage donne la priorité aux actions de restauration de l’hydromorphologie des cours d’eau et de la continuité, aux actions agricoles pour réduire les pollutions diffuses et limiter leur transfert vers les cours d’eau (actions sur les haies,..). Mais tous les acteurs sont concernés, le programme n’oublie donc pas la poursuite des investissements nécessaires au niveau de l’assainissement et le renforcement des actions liées à la gestion quantitative de l’eau. Chiffrées à 322 millions d’euros pour les 6 années 2016-2021, les mesures à mettre en œuvre ici représentent 11 % du programme de mesures de l’ensemble du bassin Loire-Bretagne.

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