Vienne et Creuse, le plus préservé des territoires de Loire-Bretagne

Le sous-bassin Vienne et Creuse embrasse les bassins versants des deux rivières et leurs affluents. C’est le plus petit, le moins densément peuplé et, avec 40 % des cours d’eau en bon état écologique et 44 % en état moyen, le plus préservé des territoires de Loire-Bretagne. Une raison de plus pour poursuivre l’action et relever le défi du bon état des eaux.

40 % des cours d’eau sont en bon état

Une situation favorable, mais très inégale géographiquement.
40 % des cours d’eau sont en bon état et 44 % en état moyen, un constat confirmé par les données 2015. Mais de l’amont à l’aval, les écarts sont importants, puisque la proportion de bon état passe de 55 % sur l’amont de la Vienne à 18 % sur le secteur Clain.
C’est principalement la biologie qui déclasse les cours d’eau. Le principal élément déclassant est l’indice poissons. Il rend compte des altérations de l’hydrologie, de la continuité et de la morphologie des cours d’eau que connaît ce territoire. La physico-chimie déclasse l’état de façon ponctuelle, la majorité des stations d’épuration étant conformes. Sur le Clain, quelques masses d’eau sont déclassées par une concentration en nitrates supérieure à 50 mg/l.

Etat écologique - sous-bassin Vienne et Creuse 2016

Date carte : 05 octobre 2016 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

Eaux souterraines : bon état à l’amont, mauvais état à l’aval

4 des 15 masses d’eau souterraines sont dégradées par les nitrates, la craie du Séno-Turonien du bassin de la Vienne étant également déclassée par les pesticides. À l’ouest du sous-bassin, les calcaires et marnes du Dogger du bassin du Clain sont également en mauvais état quantitatif, ce qui entraîne une dégradation des eaux superficielles et des écosystèmes associés.

Eaux souterraines - Etat chimique - sous-bassin Vienne et Creuse 2016

Date carte : 23 février 2018 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

Une connaissance plus certaine

Cet état des cours d’eau est désormais mieux connu. En 2007, l’évaluation reposait sur des mesures dans le milieu pour 43 % des eaux seulement. Pour 57 % elle résultait de simulations. Aujourd’hui l’état est évalué par des mesures sur 84 % des eaux. Cette amélioration de la connaissance, et l’augmentation importante du nombre d’inventaires piscicoles, ont conduit à déclasser certains cours d’eau de l’amont. Si l’on considère seulement les eaux dont l’état a toujours été mesuré, on constate une progression globale : 27 % des eaux étaient classées en bon état en 2007, elles sont 36 % en 2013.

Des actions qui portent leurs fruits

Réduire de 40 % les fuites sur un réseau en 3 ans est possible. C’est ce qu’a réussi Grand Poitiers avec la collaboration financière de l’agence de l’eau. En 2013 le rendement du réseau de distribution d’eau potable était de 74,5 % soit ¼ de l’eau potable produite perdu par les fuites. De grands travaux ont été lancés en 2015 et 2016. L’installation de 660 capteurs de bruit sur le réseau ont permis de détecter les écoulements anormaux et déclencher les interventions de réparation. Fin 2016, le rendement de distribution dépasse les 87 % soit une économie de plus d’1 million de m3 prélevés en moins par an sur la ressource en eau.

Le ruisseau du Ris (Vienne) affluent de la Gartempe a été recalibré il y a une quarantaine d’années pour assainir les terres agricoles et envoyer l’eau plus rapidement à la rivière. Depuis son état n’a cessé de se dégrader entraînant érosions de berges, inondations, comblement du lit, disparition d’habitats favorables à la vie aquatique. 150 000 € de travaux ont été menés, financés à 60 % par l’agence de l’eau. 3 km de restauration morphologique et 4,6 km de restauration de berges auront été nécessaires pour ce que petit cours d’eau du département de la Vienne retrouve son fonctionnement naturel.

Quelles priorités pour demain ?

Sur le bassin Vienne et Creuse, l’un des axes majeurs pour reconquérir le bon état des cours d’eau est de permettre aux milieux aquatiques de retrouver toutes leurs fonctionnalités. La priorité est donc aux interventions permettant de restaurer le débit des cours d’eau et la continuité piscicole et sédimentaire (interventions sur les seuils et obstacles, sur les plans d’eau  particulièrement nombreux, et diminution des prélèvements en période estivale). Le cadre de travail privilégié pour mettre en œuvre ce type d’actions est le contrat territorial qui, à l’échelle d’un sous-bassin, réunit les acteurs locaux autour d’un projet commun. La quasi-totalité du territoire Vienne Creuse en est dotée. Plusieurs collectivités préparent cette année un nouveau programme d’actions : c’est l’occasion de concentrer collectivement l’effort sur les actions prioritaires et sur certains cours d’eau qui pourraient retrouver rapidement un bon état.

Là où la biologie est bonne, il faut encore réduire les rejets polluants : l’assainissement est le deuxième domaine le plus important du programme de mesures. Enfin, la lutte contre les pollutions diffuses est un axe prioritaire sur l’aval du bassin afin de préserver les ressources destinées à l’alimentation en eau potable des populations. Sur ce thème également, des contrats sont en cours de mise en œuvre ou d’élaboration.

Pour Vienne et Creuse, le programme de mesures est évalué à 311 millions d’euros sur les six années 2016-2021, c’est 11 % du programme de mesures de l’ensemble du bassin Loire-Bretagne.

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