Vilaine et côtiers bretons : d’est en ouest une situation contrastée

Le sous-bassin Vilaine et côtiers bretons couvre l’ensemble des bassins des petits fleuves côtiers de Bretagne ainsi que le bassin de la Vilaine, soit 30 000 km². Ses 3,3 millions d’habitants en font le plus peuplé de Loire-Bretagne. Avec 37 % des masses d'eau de surface en bon état et 41 % en état moyen, c’est aussi l’un des moins dégradés.

A l’ouest, des eaux de surface plutôt en bon état

37 % des eaux de surface (cours d’eau, plans d’eau et eaux littorales) sont en bon état écologique et 41 % sont en état moyen. Une évaluation que confirment les données 2016. La carte fait apparaître un gradient important d’ouest en est : des cours d'eau plutôt en bon état à l'ouest d'un axe reliant Saint-Brieuc à Lorient, et très dégradés à l'est de ce même axe. Les déclassements sont principalement liés à la biologie, en particulier aux indices diatomées et poissons.

Les nitrates, avec un seuil fixé à 50 mg/l pour les cours d’eau, ne déclassent qu’un peu plus de 10 % des cours d’eau. Sur de nombreux bassins versants Bretons, les concentrations maximales annuelles en nitrates sont passées en 20 ans de plus de 80 mg/l à moins de 50mg/l.

Seuls 2 plans d'eau sur les 37 que compte le territoire sont en bon état (ou bon potentiel), les apports de nutriments, et plus particulièrement de phosphore, entraînant une dégradation systématique des plans d’eau de ce territoire.

65 % des eaux littorales sont en bon état. La cause première de déclassement est la prolifération d’algues vertes. Mais les suivis mis en place dans le cadre du plan national de lutte contre les marées vertes montrent que, par rapport au début des années 2000, tous les flux d’azote des bassins contributeurs sont à la baisse, dans des proportions variables, et certaines baies atteignent l’objectif fixé par le Sdage pour 2015. Un effort à poursuivre donc pour un bon état en 2017 ou 2021.

Etat écologique - sous-bassin Vilaine et côtiers bretons 2016

Date carte : 05 octobre 2016 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

 60 % des eaux souterraines sont en bon état

Eaux souterraines - Etat chimique - sous-bassin Vilaine et côtiers bretons 2016

Date carte : 23 février 2018 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

10 des 25 masses d’eau souterraines sont déclassées, 9 pour des problèmes de nitrates, une par les pesticides seuls, et l’une pour les deux.

Amélioration de l’état écologique des cours d’eau

Sur les 156 cours d’eau dont l’état a été mesuré depuis 2007, la part de cours d’eau en bon ou très bon état progresse de 8 points. Un progrès encourageant, mais qui ne doit pas occulter la progression de la part des cours d’eau en état médiocre ou mauvais (+ 6 points).

Des actions qui portent leurs fruits

  • L’amélioration des performances des systèmes d’assainissement se traduit partout par l’amélioration globale de l’état physico-chimique.
  • À Paimpol dans les Côtes-d’Armor, les travaux engagés sur les réseaux d'assainissement, les contrôles de branchements et les mises aux normes des assainissements individuels doivent permettre d’améliorer la qualité des zones conchylicoles. Les suivis réalisés entre 2007 et 2016 mettent en évidence une tendance à l'amélioration de la qualité de la zone conchylicole au point situé à Saint-Riom.
  • À Saint-Jacques de la Landes en Ille-et-Vilaine, l'installation, chez le transporteur ORAIN, d'un système innovant de dépollution et de recyclage des eaux de lavages des camions par phytoremédiation permet un abattement moyen de 95% des métaux toxiques. Après 1 an de fonctionnement, le système a permis d'éviter le rejet de 20 kg de métaux toxiques dans le milieu naturel.
  • Les travaux de restauration de la morphologie des cours d’eau et de la continuité écologique engagés depuis une trentaine d’années facilitent désormais la colonisation par les poissons migrateurs sur de nombreuses rivières bretonnes.
  • En Ille-et-Vilaine l'effacement de l'obstacle au pont de Saint-Germain-sur-Ille, une action «phare» et structurante de la programmation du contrat territorial 2015-2019 de l'IIle et Illet, a permis de reconquérir plusieurs centaines de mètres de cours d'eau et d'habitats piscicoles.

Quelles priorités pour demain ?

 En regardant quels sont les cours d’eau dégradés et en analysant les pressions qui sont à l’origine de leur déclassement, on identifie que des efforts supplémentaires devront être engagés sur l'Est du territoire Breton. Cette analyse permet de décliner de façon opérationnelle les actions du programme de mesures associé au Sdage dans les domaines de l’assainissement, de la restauration des milieux aquatiques et de la réduction des pollutions d’origine agricole.

Les actions à engager dans les 6 années 2016 à 2021 sont évaluées à 753 millions d’euros. Cela représente 27 % du coût total du programme de mesures pour l’ensemble du bassin Loire-Bretagne.

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