Loire aval et côtiers vendéens : une situation très dégradée

Le sous-bassin de la Loire aval et de ses affluents, depuis l’aval de Chinon jusqu’à l’estuaire, et des côtiers vendéens couvre 23 300 km². Avec des conditions hydrologiques défavorables, une présence humaine et une activité économique très importantes, c’est le secteur le plus dégradé du bassin Loire-Bretagne. Un constat qui appelle à l’action.

Une situation préoccupante : 4% des cours d’eau en bon état

Les données 2015 confirment l’évaluation 2013 de l’état des eaux : 4% seulement des cours d’eau sont en bon état et 43 % sont en état moyen. Ce territoire connaît des étiages naturellement sévères qui ont été compensés historiquement par de nombreux aménagements : barrages, chaussées, plans d’eau, prélèvements, drainage, rectification des cours d’eau. Les indices biologiques reflètent ces problématiques. L’indice poissons est le plus pénalisant avec seulement 10 % des mesures conformes au bon état. Mais les pollutions s’expriment aussi plus fortement, en particulier dans les zones aval marquées par l’eutrophisation. Ainsi les indicateurs physico-chimiques ne sont bons qu’à 18 %. Le déclassement est le plus souvent dû aux nutriments et en particulier au phosphore.
Aucun des 18 plans d’eau n’est en bon état, tous connaissent des problèmes d’eutrophisation liés aux excès de nutriments. En revanche, parmi les 15 masses d’eau estuariennes et côtières, 10 sont en bon état.

Etat écologique - sous-bassin Loire aval et côtiers vendéens 2016

Date carte : 05 octobre 2016 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

60 % des eaux souterraines en bon état

La mauvaise qualité chimique (nitrates, pesticides ou les deux) déclasse un tiers des eaux souterraines. Les prélèvements excessifs déclassent également un tiers des eaux souterraines. Une part importante des nappes est déclassée à la fois sur les plans qualitatif et quantitatif.

La situation quantitative est particulièrement préoccupante pour la nappe du Cénomanien en sud Anjou, et pour celles du sud Vendée dans le Lias, même si pour ces dernières, les programmes en cours commencent à porter leurs fruits.

Eaux souterraines - Etat chimique - sous-bassin Loire aval et côtiers vendéens 2016

Date carte : 23 février 2018 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

Une connaissance plus solide, mais moins optimiste

Cet 2007, seuls 40 % des cours d’eau étaient évalués grâce à des mesures effectives dans le milieu, 60 % étant évalués par simulation ou modélisation. Aujourd’hui l’évaluation est construite sur des mesures effectives dans le milieu pour 85 % des cours d’eau. Ces mesures ont levé les doutes sur de nombreuses masses d’eau classées jusque-là en état moyen. Le résultat en est une image moins optimiste de la réalité. Mais, si l’on observe l’état physico-chimique seul, sur les 77 masses d’eau toujours mesurées depuis 2007, on constate que 31 % se sont améliorées pendant que 13 % se dégradaient.

Mais les actions engagées portent leurs fruits

CAP Atlantique (La Baule, Guérande, Le Croisic…) chasse les pesticides

Un contrat territorial alliant protection des milieux aquatiques et amélioration de la qualité des eaux et des coquillages a été signé en 2011 entre l’Agence de l’eau, Cap Atlantique, la Chambre d’Agriculture et le CPIE Loire Océan. Ce contrat visait notamment la lutte contre la pollution des eaux par les pesticides à travers différentes actions : un programme d’animations auprès des communes, la mise en place de la Charte de l’habitant et de la Charte « Jardiner au naturel, ça coule de source ! », des animations et un suivi de la qualité des eaux sur le paramètre Pesticides.

Résultats ?

  • Diminution de 95% des quantités de pesticides appliquées par les communes depuis 2007,
  • 5 communes sur 15 sont en «  0 phyto » (y compris stades et cimetières), et les 10 autres le seront d’ici fin 2019,
  • Diminution des quantités de pesticides retrouvés dans nos cours d’eau,
  • Près de 1100 adhérents à la Charte de l’habitant.

Le Hocmard retrouve un lit naturel

Dans le cadre d’un Contrat Territorial des marais de l’Erdre, la Communauté de communes Erdre et Gesvres et Nantes Métropole via une co-maitrise d’ouvrage sont intervenues en 2015 pour restaurer la morphologie du cours d’eau de l’Hocmard.

Le diagnostic initial démontrait une dégradation importante du compartiment lit et continuité sur les affluents (curage, reprofilage…) et une dégradation faible du cours principal de l’Hocmard. Le site de motocross était le seul « point noir » sur le cours principal. Le choix a donc été fait de réaliser cette opération sur ce site. Les travaux ont concerné un linéaire de 450 ml et ont été les suivants : démantèlement d’ouvrages, mise en place de ponts cadres, création d’un lit mineur d’étiage de 0,8 m de large avec alternance de fosses / radiers, recharge granulométrique.

A l’issue des travaux, le cours d’eau a retrouvé un profil en long et en travers au plus proche des conditions de référence et la continuité écologique a été rétablie. Le coût total des travaux s’est élevé à 267 000 €, financé à 60 % par l’agence de l’eau.

Où agir en priorité ?

Le coût prévisionnel du programme de mesures associé au Sdage est particulièrement élevé dans ce sous-bassin. Avec 787 millions d’euros sur les 6 années 2016 à 2021, il représente à lui seul 28 % des dépenses estimées pour l’ensemble du bassin Loire-Bretagne. Tous les acteurs doivent se mobiliser car il faut agir simultanément sur la restauration des milieux aquatiques, l’assainissement, les pollutions agricoles et les questions de quantité d’eau.

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