Loire moyenne : un état des eaux préoccupant

Le sous-bassin Loire moyenne couvre les bassins versants de la Loire et de ses affluents depuis l’aval de Nevers jusqu’à la confluence avec la Vienne. Ce territoire de 27 350 km² compte 1,9 million d’habitants. Avec moins de 20 % de ses cours d’eau en bon état, c’est l’un des plus dégradés du bassin Loire-Bretagne, mais 45 % sont en état moyen. Autant de raisons d’agir.

18 % des cours d’eau sont en bon état et 45 % en état moyen

Les mesures réalisées en 2015 confirment l’évaluation 2013. Les déclassements les plus marqués concernent les poissons. L’indice poisson est déclassé pour près de 70 % des cours d’eau sur lesquels il est mesuré. Il reflète l’effet de l’ensemble des pressions qui s’exercent sur le cours d’eau : pollutions, altérations de la morphologie et de l’hydrologie. L’indice  diatomées, du nom d’algues planctoniques sensibles aux pollutions classiques (nitrates, phosphore…), est déclassé pour plus de 50 % des cours d’eau sur lesquels il est mesuré.
Mais les 45 % de cours d’eau qui sont en état moyen montrent que des marges d’action existent pour améliorer la situation.

Etat écologique - sous-bassin Loire moyenne 2016

Date carte : 05 octobre 2016 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

Deux tiers des masses d’eau souterraine sont en bon état

Sur les 27 masses d’eau souterraine, 20 sont en bon état chimique et 22 en bon état quantitatif.
Les nitrates, ou les pesticides, et parfois les deux, sont à l’origine des  déclassements  de l’état chimique. Ainsi, les calcaires et marnes du jurassique supérieur du bassin versant de Yèvre-Auron, ainsi que les calcaires tertiaires libres de Beauce, sont déclassés à la fois sur le plan chimique et sur le plan quantitatif.

Eaux souterraines - Etat chimique - sous-bassin Loire moyenne 2016

Date carte : 23 février 2018 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

Une stabilité de l’état des eaux qui masque les progrès accomplis

La qualité physico-chimique des cours d’eau s’améliore.
Si l’état écologique, qui est indicateur de résultat très intégrateur, ne montre pas d’évolution significative, l’évolution de certains paramètres met en évidence les progrès accomplis ces dernières années. Ainsi, si l’on examine les 99 masses d’eau de cours d’eau dont la qualité physico-chimique a été régulièrement mesurée depuis 6 ans, on constate une amélioration du nombre de masses d’eau en bon état.

Des actions utiles

Dans l’agglomération Vendômoise, dans le Loir-et-Cher, une nouvelle station intercommunale de traitement des eaux usées a été construite pour remplacer deux stations obsolètes. Les travaux, achevés en 2015, ont permis une amélioration importante des rendements d’épuration des effluents traités, passés de moins de 50 % à presque 100 % pour l’azote. L’amélioration a été immédiate sur la qualité de l’eau : 1 km en aval du rejet, les concentrations en ammonium dans le cours d’eau ont été réduites en moyenne de 80 %.

Dans l’Indre, le syndicat du bassin du Nahon a restauré la qualité de la Céphons, rivière polluée par des rejets chimiques (fabrication du cuir). Dans les années 1990 la station d’épuration de Levroux a été réhabilitée pour traiter ces polluants chimiques. Mais le chrome, potentiellement cancérigène, accumulé dans les sédiments, était relargué régulièrement dans le cours d’eau, constituant un risque pour la population. Les sédiments pollués ont été extraits. Des cailloux, graviers, alluvions ont été remis dans le cours d’eau pour compenser les volumes extraits et diversifier les écoulements. Aujourd’hui, la qualité de l’eau est bonne et la rivière a recréé sa dynamique et retrouvé un équilibre. Conséquence : plusieurs espèces de poissons sont revenues et la rivière a vu le retour des pêcheurs.

Où agir et comment agir ?

Peut-on identifier des territoires et des actions où l’atteinte du bon état pourrait être la plus certaine ou la plus rapide ? L’analyse permet d’identifier 61 cours d’eau, soit 20 % des masses d’eau, qui sont « proches » du bon état. Un nombre limité d’actions pourrait les faire basculer en bon état. C’est d’autant plus vrai pour 24 masses d’eau qui ne sont déclassées que par un seul élément (sur les 25 qui composent l’état écologique), lui-même en état « moyen ». Quant aux actions à mettre en œuvre, le programme de mesures qui accompagne le Sdage  identifie les priorités : restaurer l’hydromorphologie des cours d’eau, poursuivre les travaux d’assainissement, mais aussi réduire les pollutions diffuses d’origine agricole. Evalué à 334 millions d’euros pour les 6 années 2016-2021, le coût du programme de mesures représente pour Loire moyenne 12 % du coût total du programme du bassin.

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