Allier-Loire amont : un tiers des eaux en bon état

Depuis les sources de l’Allier, de la Loire et de l’Arroux jusqu’au Nivernais, le sous-bassin Allier-Loire amont couvre 32 628 km² et il compte 2 millions d’habitants. Un tiers de ses cours d’eau et plans d’eau sont en bon ou très bon état et 40 % sont en état moyen, donc proches du bon état. La priorité ? S’organiser par bassin versant pour retrouver des rivières plus naturelles.

30 % des eaux de surface en bon ou très bon état

Et 40 % sont en état moyen. 29 % des cours d’eau et un tiers des plans d’eau sont en bon ou très bon état. Les données 2016 confirment ce diagnostic. C’est principalement la biologie qui déclasse les cours d’eau et particulièrement l’indice poissons, très lié au fonctionnement hydromorphologique et à la continuité des cours d’eau, et l’indice diatomées qui est davantage sensible à la présence de macropolluants.

Comme pour l’ensemble du bassin, l’état des cours d’eau est ici globalement stable depuis 2007, avec toutefois une évolution assez différenciée des indicateurs de qualité. Malgré le renforcement des actions de restauration des milieux aquatiques, les paramètres physico-chimiques tendent à s’améliorer davantage que les indicateurs de l’état biologique.

Etat écologique - sous-bassin Allier-Loire amont 2016

Date carte : 23 février 2018 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

Près de 90% des masses d’eau souterraine sont en bon état

25 des 28 masses d’eau souterraine sont en bon état. A l’intérieur de ces masses d’eau en bon état quelques secteurs peuvent être dégradés et nécessitent des actions correctives.

Celles qui restent à améliorer sont :

  • les alluvions Allier-Loire amont du fait des nitrates,
  • les calcaires et marnes du Dogger Jurassique supérieur du Nivernais nord pour les nitrates et les pesticides,
  • les alluvions de l’Allier aval pour les nitrates.

Eaux souterraines - Etat chimique - sous-bassin Allier-Loire amont 2016

Date carte : 23 février 2018 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

Une stabilité de l’état des eaux qui masque les progrès accomplis

Lorsqu’on analyse la situation de paramètres particuliers, on peut constater des évolutions. Ainsi on observe  l’effet de la réduction des rejets domestiques et industriels grâce aux stations d’épuration. Des pollutions par les matières organiques et oxydables qui prédominaient dans les années 70-80 ont très fortement régressé. Il en va de même de la présence du phosphore grâce aux stations d’épuration et à l’interdiction des phosphates dans les lessives. Corollaire de la réduction des teneurs en phosphore dans les eaux, on constate aussi une réduction de l’eutrophisation des rivières.

Des actions utiles !

L’Ombre commun

Cette espèce piscicole hautement patrimoniale, subit une régression généralisée et notamment sur la rivière Lignon du Forez (Loire). Les conditions de température estivales sont de plus en plus contraignantes pour le maintien de l’espèce en plaine. Il a été préconisé d’ouvrir l’aire de répartition vers les zones amont de piémont plus fraîches en travaillant sur la continuité écologique. Plusieurs passes à poissons ont donc été mises en place entre 2008 et 2011. L’espèce est aujourd’hui présente en amont et son territoire a augmenté de 58 %. Un vrai succès et une vraie chance pour cette espèce protégée qui bénéficie maintenant d’une zone de sécurité thermique.

La Trambouze

Le développement industriel et urbain avait fortement dégradé la qualité des eaux de la rivière Trambouze (Loire)  jusqu’en 2008. En 2007 et 2008, une station d’épuration de la communauté de communes duPays d'Amplepuis Thizy ainsi qu’un important réseau de collecte des eaux usées ont été réalisés. La STEP traite l'essentiel des effluents industriels et domestiques des deux vallées du Reins et de la Trambouze, soit près de 80 000 équivalents habitants. Ces importants travaux d’assainissement  sont à l’origine d’une spectaculaire renaissance du cours d’eau qui abrite de nouveau une grande diversité piscicole.

Le Furan

Depuis une quinzaine d’années, les collectivités stéphanoises ont amorcé la reconquête du Furan selon deux axes complémentaires : amélioration de la qualité des eaux et restauration de la morphologie du cours d’eau.
Entre 2004 et 2009, un contrat d’agglomération  signé avec l’agence de l’eau Loire Bretagne, a permis d’une part de restructurer les réseaux d’assainissement pour supprimer les rejets directs en rivière  et d’autre part d’accroître la capacité et les performances de la station d’épuration Furania (75 millions d’investissements dont 38,8  millions d’aide de l’agence de l’eau). Au terme de ce programme ambitieux, environ 90% des effluents produits sur l’agglomération étaient collectés et traités à des niveaux conformes aux exigences réglementaires.
La poursuite des efforts pour augmenter la collecte des eaux usées (~95% aujourd’hui), complété par la mise en œuvre d’une gestion dynamique permettant optimiser le fonctionnement des réseaux par temps de pluie, se traduit par une amélioration de la qualité physico-chimique des eaux du Furan. Les suivis réalisés entre 2002 et 2016 montrent que le bilan oxygène des stations de mesure situées sur le Furan à l’aval de la station d’épuration de l’agglomération stéphanoise oscillent entre le niveau bon et moyen au cours des dernières années alors qu’il naviguait plutôt entre les classes de qualité médiocre à mauvais entre les années 2002 et 2007. L’efficacité de ces travaux a été notablement renforcée par les opérations conjointes de restauration du milieu et de la continuité écologique menées sur ce cours d’eau.

Et demain, où intervenir en priorité ?

La moitié des cours d’eau d’Allier-Loire amont sont déclassés d’abord du fait de leur fonctionnement hydro-morphologique. Il faut donc poursuivre les démarches coordonnées de territoire et mettre en œuvre des programmes ambitieux de restauration des milieux aquatiques et des cours d’eau. Ces actions sont les plus susceptibles de faire évoluer favorablement les indicateurs biologiques. Le programme de mesures qui accompagne le Sdage Loire-Bretagne les identifie comme prioritaires pour ce territoire : 36 % des mesures concernent les milieux aquatiques et 32 % la mise en place ou le renforcement de gouvernances adaptées. Les plans d’actions opérationnels territorialisés (PAOT) de chaque département identifient précisément les actions à réaliser et les acteurs concernés.

Enfin il est important de suivre les évolutions à l’échelle des travaux réalisés pour montrer les progrès et soutenir l’implication des acteurs. C’est la démarche d’évaluation recommandée dans le cadre des contrats territoriaux.

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