Quelle qualité des eaux sur le bassin Loire-Bretagne ?

Les résultats des mesures effectuées en 2016 confirment globalement le diagnostic de l’évaluation de l’état des eaux réalisée en 2015 qui fait apparaître qu’environ 30 % des cours d’eau sont en bon état et environ 45 % en état moyen. Si la situation est stable dans le temps, elle est très différenciée selon les territoires.

26,5 % des cours d’eau sont en bon état écologique

Et environ 43 % sont en état moyen.

C’est principalement à l’amont du bassin et dans la moitié ouest de la Bretagne que l’on trouve les secteurs en bon ou très bon état. Inversement  la  région  médiane, avec une population parfois dense, une agriculture et une irrigation importantes et des étiages naturels faibles, présente un  état nettement dégradé. La situation est critique aussi en Loire-aval et côtiers vendéens et sur l’axe Loire entre Saint-Étienne et Nevers.

La part des eaux en bon état est globalement stable depuis la première évaluation de l’état des eaux en 2007 masque des évolutions sur certains paramètres ou groupes de paramètres. Cette stabilité peut s’expliquer par le faible recul (moins de 10 ans), l’inertie des milieux  l’effet des actions entreprises n’est pas immédiatement lisible – mais aussi par la sévérité de la notion de bon état : tant qu’un seul élément de qualité n’est pas bon, l’état n’est pas bon.

Etat écologique 2016

Date carte : 05 octobre 2016 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

Près de 70 % des cours d’eau déclassés par la biologie

L’évaluation de la qualité biologique de l’eau et des milieux aquatiques s’appuie sur des inventaires périodiques de la faune (poissons, larves d’insectes pour l’essentiel) et de la flore (diatomées –algues microscopiques) présentes dans l’eau et le milieu.  L’indice poissons, qui reflète l’ensemble des pressions qui s’exercent sur le cours d’eau - pollutions, altérations de la morphologie et de l’hydrologie – est le plus déclassant (près de 60 % des cours d’eau) suivi par l’indice diatomées (53%) qui réagit aux pollutions classiques (nitrates, phosphore, pesticides).

Là encore, c’est la  région médiane du  bassin et les territoires de Loire aval et côtiers vendéens qui sont le plus dégradés, mais aussi des grands axes comme l’Allier ou la Loire en amont du bassin.

De réelles améliorations sur la qualité physico-chimique

La qualité de l’eau des cours d’eau est évaluée aussi en fonction de paramètres physico-chimiques et principalement le bilan d’oxygène dans l’eau, les nutriments (en particulier le phosphore et les nitrates), et  quelques micropolluants susceptibles d’avoir une action toxique. La réduction des rejets domestiques et industriels issus des stations d’épuration au cours des dernières décennies s’est traduite par la  nette amélioration du bilan d’oxygène et du phosphore (avec aussi l'interdiction des phosphates dans les lessives).

Pour les pesticides, si on constate que les zones de viticulture et de grandes cultures sont les plus concernées, la connaissance est encore très partielle.

Des cours d’eau dégradés par la morphologie et l’hydrologie

Outre les pollutions par les matières organiques et oxydables ou les pesticides, les principales causes de dégradation de la biologie des cours d’eau sont les atteintes à la morphologie. 67 % des eaux de surface n’ont pas atteint le bon état du fait d’au moins  un  problème de  morphologie ou de continuité (cloisonnement par des seuils), ou d’un problème lié aux prélèvements et à l'hydrologie (64 %).

L’état chimique des cours d’eau : un bilan encore très provisoire

La campagne triennale en cours sur 2015-2016-2017 permettra d’avoir une meilleure connaissance de l’état chimique qui s’appuie sur 56 substances prioritaires et prioritaires dangereuses retenues au niveau européen.

20 % des plans d’eau en bon ou très bon état

L’évaluation 2013 indique que 20 % des plans d’eau sont en bon ou très bon état. 55 % sont en état moyen et 25 % en état médiocre ou mauvais. Le principal  facteur déclassant reste l’eutrophisation due aux excès de nutriments, en particulier de phosphore.

63 % des nappes d’eau souterraine sont en bon état

Sur les 143 nappes d’eau souterraine, 98 sont en bon état chimique et 125 en bon état quantitatif. Les résultats des mesures effectuées en 2015 confirment globalement ce diagnostic. Les causes des déclassements de l’état chimique sont les nitrates, ou les pesticides, ou les deux.

Eaux souterraines - teneurs moyennes en nitrates 2016

Date carte : 23 février 2018 - Période de données : 2016 - © Agence de l'eau Loire-Bretagne

Une majorité des eaux littorales sont en bon état

60 % des estuaires et 72 % des eaux côtières sont en bon état. Les déclassements sont dus majoritairement aux ulves (marées vertes) et aux macroalgues, au phytoplancton (embouchure de la Vilaine), et à l’indice poissons.

La qualité et les usages

La pollution des eaux peut avoir un impact sur des usages ou des milieux importants et sensibles en particulier sur le littoral . C’est le cas pour les zones protégées : NATURA 2000, sites de baignade, de conchyliculture ou de pêche à pied…

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