L’état d’avancement des Sage du bassin Loire-Bretagne mis à jour : retour sur les deux derniers Sage approuvés !

Le bassin Loire-Bretagne compte 57 démarches de Sage engagées sur 87 % de son territoire. 53 Sage sont en phase de mise en œuvre, 3 Sage en phase d’élaboration et 1 Sage est en phase d’émergence.

Indispensables à la mise en œuvre des objectifs du Sdage et de son programme de mesures, les Sage sont des documents de planification réalisés sur des périmètres hydrographiques qui leurs sont propres. Ils sont le fruit d’une concertation locale dont la gouvernance se traduit au sein d’une commission locale de l’eau (CLE). Dès lors que le périmètre hydrographique du Sage est arrêté, une CLE est composée. Elle a pour mission d’élaborer puis mettre en œuvre le Sage.
Le comité de bassin quant à lui intervient à deux moments phares de la vie d’un Sage : lors de la délimitation de son périmètre (il veille notamment à sa cohérence hydrographique) puis lors de la validation du Sage par la CLE (avant sa mise en œuvre) pour veiller notamment à la bonne compatibilité du Sage avec le Sdage.

Retour sur les deux Sage mis en œuvre depuis le 1er janvier 2021.

Sage Clain : 52e Sage mis en œuvre sur le bassin Loire-Bretagne

Le territoire

Le territoire du Sage Clain est parcouru par 1 000 km de cours d’eau et concerne 141 communes réparties sur les départements de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Charente.
L’activité agricole est dominante et représente 90 % de sa surface, principalement exploitée pour les cultures céréalières. Les activités industrielles et économiques se concentrent sur l’agglomération de Poitiers.

Le pilotage du Sage

Le Sage a été porté initialement par le Conseil départemental de la Vienne depuis 2005. En 2019, l’établissement public territorial de bassin (EPTB) Vienne devient la structure porteuse du Sage.
Ce nouveau portage a permis de bénéficier de l’expérience de l’EPTB sur ces démarches, puisqu’il est également structure porteuse du Sage Vienne (en œuvre depuis 2006), du Sage Creuse (en phase d’élaboration) et du Sage Vienne-Tourangelle (en phase d’émergence).

Les grands enjeux

Les principaux enjeux sont liés à la gestion quantitative de la ressource notamment en période d’étiage et à la qualité des eaux superficielles et souterraines.
Quant à l’alimentation en eau potable, la contamination des eaux souterraines et superficielles par les nitrates et les pesticides en impacte la production. De nombreux captages ont été classés prioritaires ou sensibles dans le Sdage 2016-2021 du bassin Loire-Bretagne. Des mesures préventives sur ces secteurs devraient être mises en place.
Des actions de préservation et de restauration des milieux aquatiques sont attendues, ainsi que des mesures permettant la réduction des risques d’inondations.

Sage Lignon du Velay : Retour sur un projet initié en 2002 !

Presque trois ans après l’adoption de la commission locale de l’eau, le Sage Lignon du Velay est approuvé par arrêté préfectoral le 27 juillet 2021. Ce qui en fait le 53e Sage mis en œuvre sur le bassin Loire-Bretagne.

Le territoire

D’une superficie de 708 km², le territoire du Sage Lignon du Velay est parcouru par 760 km de cours d’eau dont la Dunière, affluent principal, prenant sa source dans le massif du Pilat. Il concerne 36 communes réparties sur les départements de Haute-Loire, d’Ardèche et de la Loire.
Son bassin versant est marqué par trois types de paysages : le plateau granitique du Velay constituant la majorité du paysage, en passant par des reliefs volcaniques particuliers : les sucs, montagnes en forme de dôme ou de cône dues aux activités volcaniques, pour finir, le massif volcanique du Mézenc Sud, plateau constitué principalement par une végétation de pelouse et de plantes.

De l’émergence à l’approbation : retour sur 24 années de travail

Issu d’une volonté politique locale portée par le Syndicat mixte des Trois Rivières, le projet de Sage émerge en 1997.
Identifié comme prioritaire, le Syndicat mixte lance la procédure Sage en 2000. Le projet de périmètre est approuvé en octobre 2003 et la commission locale de l’eau (CLE) est arrêtée en septembre 2004. Il faudra attendre la réunion de la CLE du 14 avril 2005 pour marquer le lancement de la phase d’élaboration du Sage.
Les premiers travaux : scénario tendanciel, scénarios contrastés, stratégie ont été validés par la CLE entre 2013 et 2015, le projet de Sage en 2016. Ce qui a permis de passer les étapes de consultations jusqu’à sa validation finale par la CLE en 2018.

Les grands enjeux

  • Préserver les milieux et les espèces vivant dans les cours d’eau

Enjeu majeur du Sage Lignon du Velay, l’objectif est de limiter les travaux sur les cours d’eau (lits, berges, ripisylve) afin de préserver les espèces patrimoniales qui s’y abritent. En ligne de mire : la moule perlière, très sensible à la détérioration de la qualité de l’eau et dont la baisse des effectifs est très forte. D’autres espèces comme l’écrevisse à pattes blanches et l’ombre commun revêtent d’un caractère patrimonial et font l’objet de mesures de protection pour préserver leur habitat et limiter la prolifération des espèces invasives qui peuvent leur être nuisible.

  • Protéger et mieux gérer la ressource en eau

Les enjeux majeurs sont liés aux conflits d’usages, notamment les nombreux prélèvements de la ressource pour l’alimentation en eau potable et le drainage agricole. Le Sage envisage des réflexions pour réduire les prélèvements, et utiliser des ressources alternatives en période d’étiage. Le but étant d’anticiper les conséquences du changement climatique et mener des actions préventives (réduire les pressions à la source).

  • Maintenir et/ou améliorer la qualité des eaux superficielles

La qualité de l'eau des rivières du bassin est globalement satisfaisante. C’est ponctuellement que certains cours d’eau sont concernés par une dégradation de leur qualité, en cause les matières azotés et phosphorées, puis les matières organiques. Lors des années sèches, le phénomène est accentué.
Les dispositions du Sage visent à réduire les pollutions artisanales et industrielles ou encore réfléchir sur l’amélioration de la gestion des effluents d’élevage. Un grand travail de sensibilisation de tous les acteurs de terrain est à mener.

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